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Titre, par exemple. Dernières Nouvelles

8. Févr., 2015

Qu'est ce que c'est?

Je dépasse maintenant la soixantaine, durant mon enfance et grâce à mon métier, j'en ai vu de toutes les couleurs, ce qui m'a permis de mieux comprendre les gens et apprendre à savoir comment ils fonctionnent intellectuellement.
J'ai donc romancé des histoires qui démarrent sur des faits plus ou moins réels.
J'ai commencé il y a longtemps, je les gardais sous le coude sans savoir si cela pourrait intéresser les lecteurs; ma rencontre avec un écrivain, qui appartient à notre grande "académie Française" m'a incité à le faire. Il a bien voulu me faire l'honneur de lire ce que j'avais écrit, sa réponse fut; "continuez, Balzac n'a t il pas commencer en relatant sa vie". Alors ! ...
Ces histoires appartiennent à des pages; tout droit interdit de reproduction.

La vente du lait d'un autre temps!

Mes souvenirs, restés intacts:

  Tous les soirs vers 17 h. mon grand père trayait les vaches, à la main bien entendu (je me rappelle de cette époque, ou la trayeuse électrique n’était vraiment pas courante), il y avait à ce moment là, parfaite harmonie entre l’Homme et l’animal.

   je serais curieux de savoir ce que les dits paysans qui possèdent des centaines d’hectares de culture, ou ceux qui parquent le bétail dans des lieux en « stabulation » et ne sort presque jamais de sa prison, en pensent, vous savez ceux que certains appellent, les chasseurs de primes, ceux qui ont le dernier tracteur bien coûteux, ceux qui n’ont jamais vu accrocher un tombereau ou une charrette à un cheval ou à des bœufs, vous savez ceux à qui l’ont permet de gros découvert à la banque, où ils ont de grosses affinités, ceux qui confondent agriculture intensive style Amérique et la qualité et le savoir faire français des petites exploitations qui font l’originalité et l’exception française, mais je m’égare, en ce temps là ce n’était surtout pas comme ça, et je crois que pour répondre à ma question, ces gens là s’en foutent, comme de leur premier nœud papillon, commel’a dit Jean de la Fontaine « la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf » avec toutes ces conséquences.

   Le dimanche mon père, qui n’était pas que de la ville, n’hésitait pas à mettre la main à la patte pour aider à traire les vaches laitières, qui formaient un cheptel d’une vingtaine d’animaux. Puis une fois le lait recueilli, il l’amenait alors dans une pièce, surtout réservé à ma grand mère, ou elle transmettait, ce lait recueilli dans des seaux d’une trentaine de litres, dans de petits bidons, que les enfants du village venaient chercher.

   Ce qui pourrait apparaître comme une corvée pour les gosses que nous étions ne seraient sans doute plus envisageable de nos jours, car télé, activité sportive, étude, ordi, etc… mais là, ils venaient non seulement chercher le lait, mais aussi et peut-être surtout retrouver, voir, réécouter les histoires sans fin, avec plein de rebondissement, et beaucoup de suite que seule ma tata savait conter.

   En été tout ce petit monde se mettait sous le gros chêne dans la grande cour, et l’hiver c’était au coin du feu, à la cheminée du domaine. Tous les gosses, des copains pour certains, la plupart étaient plus âgés que moi, écoutaient sans faire de chahut: il est juste de remarquer que nous arrivions vraiment à la fin d’une époque,

   les épiceries vendaient elles aussi, du lait qui venait de je ne sais où, ce qui devenait plus pratique pour les parents, avec l’arrivée de ce qui est devenu maintenant les grandes surfaces voir les hypermarchés,  certainement au détriment de la qualité du produit et de la vie, ah quel gâchis, que certains remettent au goût du jour, avec plus ou moins de savoir faire, c’est aussi ça le choix de vivre chacun à sa manière (faut il répéter que nous sommes des latins, capables d’une grande imagination souvent débordante d’idées plus saugrenues les unes que les autres).

   Je crois que la fin du XX  a complètement bouleversé la joie de vivre que nous avons perdue, mais que le XXI sera plus le siècle de l’Homme. Notre vénéré pape Jean-Paul II n’a t il pas dit : « à la crise de la civilisation, il faudra répondre par civilisation de l’amour, basée sur les valeurs universelles de paix liberté justice et solidarité ».   

Michèle

J’avais pris rendez vous l’autre jour avec un chef d’entreprise, Michèle, âgée d’environ 65 ans, mais avec la classe qui transpirait au travers de sa personnalité  Michèle en paraissait à peine la soixantaine. Elle vint me retrouver chez moi vers onze heures et demie, et déjà elle m’étonna.

         Je dégustais (en compagnie de mon voisin et ami « Joseph » dont je vous ai déjà parlé dans « la dame élégante ») un nouveau blanc sec (assemblage de sauvignon sémillon et muscadelle élevé sur lie, les non épicuriens ne lisaient pas c’est pas votre truc…) que j’avais découvert il y a peu de temps, lors d’un de mes derniers passage, chez moi en gironde, Quand nous entendîmes, le doux bruit harmonieux du 6 cylindres de la magnifique Porsche qui s’annonçait, c’était Michèle qui vînt se garer devant nous, elle en sortit, avec une élégance digne de la femme exceptionnelle, qu’elle représentait à nos yeux étonnés…

         Après les présentations d’usage, j’invitais Michèle à partager un verre avec nous ; après des compliments sur ce cru, Joseph, de bonne éducation, pris congé, nous laissant en toute intimité partager une discussion des plus intelligentes. Il se faisait 13 heures, je l’invitais à partager un repas chez mon voisin le restaurateur de talent qui avait préparé ce jour là des lamproies, pas de surgelé bien entendu, du frais en provenance de la dordogne (le fleuve pas le département ! tout en sachant que la pêche de ce poisson (sans arête mais avec un cordon de cartilage)  qui remonte frayer dans ce fleuve, se termine au mois de mars). Tout cela pour justifier la qualité des plats que concocte ce restaurateur de talent… Ce déjeuner, terminé par un dessert d’exception, accompagné d’un irrish coffee (et oui ! on ne se refait pas), nous décidâmes de rentrer au dépôt prendre un dernier café.

         Chez moi, Michèle pris place sur le canapé, me laissant entre voir des jambes (je vous dis pas !). Je n’imaginais rien de spécial (enfin si…), mais je pensais immédiatement à Maryvonne (avec qui je suis toujours, c’est tellement bien et bon, je regrette d’ailleurs souvent de ne pas l’avoir rencontré plus tôt, cela m’aurait sans doute évité de passer du temps (trente ans) avec celle qui m’a donné quatre merveilleux enfants, tous désirés, je me demande toujours ce qu’elle a pu faire d’aussi bien…), et je dis à Michèle : restons amis, mais je suis sur que toi comme moi (bon ! un peu faux cul) ne souhaitons pas que notre relation aille plus loin…

         Sur ce, Michèle me prit quelques bouteilles, je les mettais dans le peu de place dans sa voiture.

         Nous décidions de rester en contact, elle partit devant les yeux hagards de ma pipelette de voisine (ah ! Georgette).

         Une nouvelle histoire merveilleuse !

l'Italien

   Hier en prospection, je suis arrivé dans une fermette presque entièrement rénovée, un italien venu de la région parisienne me reçoit avec le sourire complaisant des gens de la bas, après les banalités d’usage du style :  « il fait chaud mais c’est mieux que la pluie, l’hiver risque d’être rude »  je lui fait une  longue présentation de mes produits, il m’en commande…

   Au fur et à mesure de la conversation je rempli le bon, et il se rend compte que son épouse est partie avec le carnet de chèque et qu’il n’a pas assez d’espèces sur lui, je flaire alors le n’importe quoi, mais pas du tout, à mon grand étonnement.

   Il me propose d’aller à la ville voisine chercher de l’argent avec sa carte bancaire. Je réagis tout de suite, en lui disant : « nous prenons mon fourgon et je vous ramène » non, me dit-il, je prends aussi mon camion pour vous éviter de revenir.

   «Allez, je vous suis » dis-je aussitôt.                                                     

   Nous démarrons pour passer 2 minutes plus tard devant la banque (il passe sans s’arrêter, je pense alors : « mais qu’est-ce qu’il me fait ») pour stationner, 100 mètres plus loin, devant une grande maison, il descend se dirige vers la porte d’entrée et se rend compte qu’elle est fermée (l’aspect bancaire de cette demeure ne m’apparaît pas et je cherche d’une vision partielle le distributeur de billets ; mais je n’en vois pas, je commence à me poser des questions sur le déroulement probable de cette affaire…).

   Il vient alors vers moi et me dit « c’est fermé, on va aller à l’autre », demi-tour, et nous revenons sur nos pas, et j’attends tout en lui préparant la marchandise, il revient avec une liasse conséquente de billet me paye ce qu’il me doit, nous chargeons alors dans son véhicule, nous nous serrons la main en nous disant à la prochaine, et il ajoute : « si ma femme est moi sommes satisfaits, nous vous rappelons très vite », je lui réponds alors « pas de problèmes, cette qualité ne peut que vous convenir, à bientôt » et il s’en va…

   Des choses bizarres j’en vois presque tous les jours, c’est sans doute ce qui rend mon « job » vivant, attrayant, rempli d’anecdote de ce genre, mais croyez-moi, celle-ci n’est rien à côté de situations encore plus cocasses et maintes fois plus croustillantes, je saurais vous les conter dans les prochaines brèves…

Prochainement d’autres nouvelles.

le domaine de Bossarnet

J’avais une trentaine d’année, j’avais décidé de fouiller dans notre Bordelais à la recherche d’une propriété à vendre dont le prix peu élevé serait une affaire.

Je passais dans un village, j'étais en auto, j’aperçus une dame, je m’arrêtais à sa hauteur, baissais ma vitre pour lui dire « je viens d’apprendre qu’il y avait une maison à vendre ici, pouvez-vous me l’indiquer » après réflexion cette personne me répondit, pour se débarrasser du gêneur que j’étais à ses yeux, qui dérangeait sa quiétude : « oh ben, il n’y en a pas ici, mais je suis sûr qu’il y a une au prochain village » Merci Madame, j’ai donc noté qu’il n’y avait pas que des faux cul sur terre.

Arrivé au village suivant, même topo, j’aperçois une brave femme et je lui formule la même question en lui précisant qu’une dame du village précédent me l’avait signalé… Elle réfléchit, et me dit « non je ne vois pas » et puis elle rajoute « ah si, il y a bien ce chais derrière vous ! » ; Bon je me gare et je vais voir…

Descendu de voiture, je pus voir un chai avec maison attenante, qui faisait l’angle de deux routes qui m’a toute de suite plu (coup de cœur !). Je demandais alors, « mais peut-on la visiter » oh oui me dit-elle, « c’est le voisin qui a la clef ».

Comme j’avais troublé l’atmosphère tranquille de ce village, tous les villageois étaient là pour visiter cette demeure, les occupant pour un instant…L’atmosphère que dégageait cette modeste maison me plaisait beaucoup, je crois que j’en suis tombé amoureux tout de suite. Tous, dans cette baraque, je les entendais dire « il y a beaucoup de travaux à faire, mais elle est toujours intéressante ».

Puis je pose une question à la volée : « vous en connaissez le prix ». L’un me dit « il en voulait 100 000 Francs il y a dix ans de ça » un autre rajouta « n’arrivant pas à la vendre il a baissé le prix à  50 000 Francs » c’est alors qu’une petite voix dit « comme il n’arrive pas à la vendre, il parle de la donner à la commune » et bing !  J’entrevoyais un truc pas possible, tellement l’intérêt d’une transaction devenait irrémédiable.

Je leur dis, « alors vous connaissez bien entendu le propriétaire, j’aimerais le rencontrer ». Les gens me répondirent en cœur c’est Monsieur Dubois, il a hérité de cette maison mais il habite à plus de 80 Km d’ici. « Puis-je lui téléphoner ? » il y avait parmi eux, l’épouse du maire de la commune qui me proposa d’aller chez elle pour consulter le bottin et l’appeler…

Je rentrais en contact avec ce numéro, l’épouse du propriétaire me répondit, je lui expliquais alors brièvement l’objet de mon appel. Après une courte discussion, elle m’apprît qu’il fallait voir son mari qui ne rentrais qu’à 19 heures, je sautais tout de suite sur l’occasion en lui disant « eh bien Madame, ça tombe très bien, je dois me rendre ce soir à côté de chez vous, permettez-moi de faire un petit crochet pour rencontrer votre mari, mais est-ce possible ce soir ? »  « Oui bien sûr »  me répondit elle, alors à ce soir ! Je prenais congé des villageois, sans oublier de les remercier pour leur attitude très sympathique.

Je reprenais ma voiture (bien sur je ne devais pas aller ce soir dans leur coin, mais pour une affaire de la sorte j’étais prêt à faire des kilomètres). Pendant le trajet je commençais à mettre en place dans ma tête l’attitude que j’allais avoir avec le dit propriétaire. Après une réflexion, comme il voulait la donner à la commune, je me proposais de lui en donner 4000F. J’entrevoyais déjà l’affaire du siècle !

J’arrivais chez lui, je rencontrais enfin le dit propriétaire, après des banalités, sur le temps, sur mon job, sur le sien (retraité de la banque ou il avait été directeur d’agence), il m’offrit l’apéritif et au bout d’un moment qui a du durer une demi-heure, il me dit : « alors Monsieur, qu’est ce qui me vaut le plaisir de votre visite ». Eh bien, cher Monsieur, je voulais vous parler de votre propriété situé à Bossarnet et vous faire une offre d’achat. En tant que vendeur (c’est mon métier), je sortais de ma mallette une feuille en lui disant Monsieur je vais vous expliquer ma démarche, je vais vous faire deux colonnes sur ce papier, l’une ou je noterai ce qui est à refaire dans cette maison et l’autre ce qui est en bon état.

Alors bien sûr, je suis resté sur la première colonne ou je n’arrêtais pas de trouver ce qui n’allait pas ; les portes, les fenêtres, le sol, la vétusté du chai pas exploitable, le toit, les cheminées, et et… Il me fixa et me dit « mais vous m’en donnez combien ? ». Alors là, devant ce grand type à l’air sérieux, le 4000F est resté coincé dans ma gorge et je lui disais « 5000F Monsieur », il me dévisagea (je craignais à ce moment-là,  qu’il me retourne une baffe, imaginant que je me moquais de lui !  moi, oh !) et me dit « d’accord 5000 et une caisse de vin, mais vous payez les frais de notaire » j’avais judicieusement eu l’occasion de lui signaler dans notre conversation que je vendais des vins de propriété (jaquarri.fr). Je faisais alors semblant de réfléchir pour lui répondre, « oui d’accord » je m’en occupe et je prenais congé, apparemment conscient d’avoir fait une affaire miraculeuse, mais il me restait encore, à avoir l’avis d’un professionnel du bâtiment, afin de savoir si le jeu en valait la chandelle…

Je partais donc et me dirigeais chez un pote entrepreneur de maçonnerie qui habitait un petit bled près de chez moi. Il se faisait 20H30, son épouse me reçut et me dit « Jacques n’est pas rentré, mais restez manger nous allons l’attendre » Ah, bee d’accord ! C’est alors que j’entendis sa voiture, je me précipitais dehors en lui disant « n’arrêtez pas le moteur, on y va, j’ai une baraque à vous montrer, j’aimerais connaître vos impressions » pour toute réponse il me dit « fait pas chier, on mange d’abord on ira après, ta baraque elle ne veut pas s’envoler ! ». Bon d’accord….

Vers 22 heures 30 nous arrivions dans le village de Bossarnet pour voir cette maison, j’allais chez le voisin qui avait la clef, il dormait, le bruit de la sonnette le réveilla et il apparut l’air pas très aimable à une fenêtre du premier étage, en le voyant je lui dis « c’est le Monsieur qui est passé cette après-midi pour la maison, pouvez-vous s’il vous plaît, me donner la clef, j’ai certaines choses à y voir… » il me répondit « bien d’accord, vous n’aurez qu’à la reposer dans la boite aux lettres » je me suis alors pensé « heureusement qu’il y a encore de bonne pâte pour réagir ainsi » !

Et nous rentrâmes dans la dite maison, il scrutait tout, en professionnel qu’il était, et me dit « tu as l’eau et l’électricité, achète c’est le prix des branchements ». Je devenais ainsi entièrement confiant dans l’achat miraculeux de ce bien.

Nous revenions en discutant de tout et de rien, quand il me dit « as-tu fait un sous seing » qu’est- ce que c’est que ça, lui dis-je : « C’est un acte privé qui te permet de réserver, moyennant dix pour cent de la valeur, la vente exclusive du bien ». Ah bon lui dis-je, je m’en occupe demain !

Arrivé chez lui, nous nous séparâmes, et je rentrais à la propriété ou ma mère qui n’était pas encore couchée, elle avait reçu des amis qui venaient juste de partir, me dit (parce qu’elle me connaît bien, c’est en partie normale c’est elle qui m’a fait) : tu as l’air comblé qu’as-tu fait encore ? Maman je suis sur un coup de maison qui me paraît valable ! Fait attention me dit elle ! Ah ces mères. Un Homme pour une mère reste toujours un enfant, ça doit être comme ça chez beaucoup de gens. J’allais me coucher en pensant au lendemain !

Debout à 6 Heures, toilette et petit déjeuner, je repartais vers 8 Heures, pour aller voir un ancien camarade de classe (avec qui nous étions au fond de l’étude (à l’internat dans un lycée) à manier le verbe…) devenu notaire (il avait pris la succession de son père) pour qu’il me fasse un sous seing. J’y arrivais vers 9H. Il était en rendez-vous, il accepta malgré tout, de venir voir (suite à l’intervention de la secrétaire avec qui j’avais eu quelques années auparavant…) ce dont j’avais besoin. Christophe lui dis-je, « je suis sur un coup, il faudrait que tu me fasses un sous seing » après s’être fait un peu prier (c’est normal pour un notaire de province, et puis on ne se voyait pas très souvent…) il dit à la secrétaire « Roselyne, vous lui faites un sous seing », et se tourna vers moi et me dit « tu vas avoir ton contrat et tu me tiens au courant, bon j’y reviens je suis sur une succession importante, allez salut à bientôt » Roselyne me remit le contrat, nous nous embrassâmes et je repartis, content de moi.

Il me fallait appeler maintenant M. Dubois qui était encore le propriétaire de la maison : « Oui, bonjour Monsieur, mon notaire me signale que nous devons signer un contrat de réservation de votre maison, et je dois vous verser 10% de l’achat, puis je passer ce soir pour faire la transaction ? » « sans problème me répondit-il »

J’y revenais le soir même, et, écoutez, bien, j’ai réservé ce bien avec un chèque de 500 balles, ça devenait du délire !

Réservation faîtes je pris rendez-vous avec le camarade notaire pour acheter légalement cette baraque…

Le jour arrivait, nous nous retrouvions devant lui ..  Après nous avoir lu le contrat de vente, le Notaire me regarda et me dit « Monsieur Jaquari afin de concrétiser cet acte, vous devez maintenant  4500F à  Mr. Dubois ici présent »,  j’enchaînais aussitôt en me tournant vers  Mr. Dubois et lui dis « Monsieur, vous n’attendiez pas après cette vente, j’ai de grosse sortie professionnelle actuellement, si vous le permettez je vais vous faire deux chèques, le premier pour maintenant et le deuxième pour dans 15 jours » j’avais déjà sorti mon carnet et avant qu’il est pu approuver je commençais à rédiger les chèques. Il me remercia et empocha les deux papiers. Oui je sais ce n’est peut-être pas la meilleure manière de se grandir, mais ce fut ma technique pour étaler le paiement.

Puis nous prîmes congé, sans avoir échangé quelques mots en particulier avec le camarade notaire, il me rétorqua : « alors là Jaquari, bravo ! Je n’ai jamais vu ça ». Conscient d’avoir fait une bonne affaire, je partais retrouver la demeure qui était maintenant à moi… sans oublier de dire au notaire, « tu passeras m’en faire une estimation légale, pour la produire à cet escroc de banquier »…

Je reprenais alors contact (bien que nous soyons souvent ensemble) avec mon pote l’entrepreneur, pour lui demander de m’établir un devis des travaux à effectuer ; ce qu’il me fit dans les quinze jours.

J’en suis resté l’heureux propriétaire pendant cinq ans, j’écrirais une nouvelle brève pour vous raconter comment s’est passé ma vie dans ce qui allait devenir le « domaine de Bossarnet ». Je n’oublierai jamais cet épisode de ma vie, qui fût, vous devez vous en douter, merveilleux…

le domaine de Bossarnet (suite)

Peu de temps après l’acquisition de cette propriété, je constituais « le domaine de Bossarnet ». D’ailleurs, la première fois ou nous avons débarqué la bas, avec voitures et fourgons (les vendeurs les livreurs) tous marqués publicitairement au nom du Domaine de Bossarnet, je vous dis pas la tête des voisins, ils devaient se dire « mais il est fou ce type », effectivement je ne rentrais pas dans leur cadre de pensée unique. Ah là la !

Les travaux effectués, cette demeure devenait non seulement habitable mais agréable à vivre, j’y venais donc régulièrement, tout d’abord professionnellement puis quelques mois après j’avais le plaisir d’y recevoir mon épouse et les enfants, à qui ils doivent rester des souvenirs impérissables, comme, les parties de cache cache dans le château voisin, qui appartenait à un banquier de Paris (il y passait certains week-end pour la chasse en particulier), qui, séduit par la manière de se comporter des enfants (c’est sans doute ça l’éducation, certains parents feraient bien de s’en inspirer…), leur avait permis de venir s’y amuser. A ce propos du Château, il faut que je précise, lorsque je me présentais auprès des nouveaux clients comme le gérant du Domaine de Bossarnet en vue de la vente de mes vins, ces clients potentiels me disaient souvent : « ah oui nous connaissons, quel magnifique Château » je ne leur précisais pas qu’il ne s’agissait que du chai à coté, et puis quoi ! Il faut bien faire rêver les gens, trop souvent triste !  Pour ceux qui voulaient avoir l’honneur d’y être reçu, j’expliquais que nous étions en période de travaux au château, je les recevrais avec plaisir au chai à coté… (Oh bais alors ! je suis vraiment désolé que des gens ne puissent pas comprendre ça, enfin…).

Par contre j’y recevais régulièrement des copains ou surtout des amis pour y faire la fête, ils ne se faisaient pas prier pour venir à ma table, qu’ils savaient d’excellente qualité « Mère Jaquari »  oblige...

Je me rappelle d’un jour d’été ou je m’y trouvais seul un soir; je rencontre le voisin, de mon âge, en instance de divorce qui s’était acoquiné avec une dame du coin (et d’ailleurs pour qu’il ne puisse pas y avoir de constat d’adultère à son encontre, ils dormaient tous les deux sous une toile de tente devant leur maison…), je m’associe à leur solitude, et les invite à dîner; quelle soirée ! La bouteille de cognac (une fine champagne de 15 ans) déjà entamé, ne lui a pas suffit, il a fallu en ouvrir une autre ! Mais comme le disent ceux qui connaissent le coran, ce n’est pas l’alcool qui est interdit, c’est l’ivresse. Il finit par s’endormir sur mon canapé, nous laissant dans une discussion pas très intéressante avec sa dulcinée, puis en titubant, ils partirent se coucher sous leur fameuse toile de tente, en me précisant : « la prochaine fois ce sera chez nous, enfin nous l’espérons, ce putain de divorce ne va sans doute pas durer ! ».

Nous nous invitions régulièrement, les mois passèrent, le printemps se finissait. C’était l’époque où, j’avais sollicité l’aide d’une jeune connaissance d’Orléans, Michel (un cousin de mon  beau-frère) un maçon en quête de boulot, pour faire de menus travaux au domaine, Ce soir-là je rentrais au domaine, lorsque j’aperçois le voisin, toujours joviale et de bonne humeur qui rentrait de la pêche, il me dit avec un large sourire : « vient à la maison ce soir je reçois un copain extra, on va se marrer », d’accord, mais je viens avec Michel, nous y serons vers 20 heures…

Nous nous sommes effectivement amusés, mais il faut que je plante le décor de cette soirée peu banale. Nous arrivons à 20h30 pour rencontrer le voisin, son copain (un gars dans nos âges, qui s’occupaient de faire faire des ballades, aux touristes, dans les collines du coin, avec ses chevaux), ses quatre enfants (tous plus délurés les uns que les autres), et la mère du fameux copain (une dame d’environ 80 ans, une pêche pas possible, souriante, qui avait toujours une blague à sortir, grâce à sa manière de conter (il lui manquait beaucoup de dent) tout le monde était plié de rire), et la nouvelle amie du voisin. Nous avons festoyé longtemps, mais à cette époque à  21h.  il  fait encore jour… A la fin du repas, tous bien chaud, nous décidâmes de faire une partie de belote à quatre ; le voisin avec Michel et moi avec le copain (qui se trouvait être l’amant de la femme du voisin, je l’avais compris au fil du repas…) Faut suivre ! On a passé les parties de jeu, à tricher grossièrement, les deux autres ne voyaient rien, les yeux englués par l’alcool, c’était vraiment du délire ! Nous nous quittions vers 23H. Michel regagnait ses pénates dans la grange et moi ma chambre.

Puis vint l’époque des soucis, peu agréable, que peut connaître tout chef d’entreprise ;  un mauvais millésime qui avait mis par erreur à la vente, les malversations de certains employés (reconnues par le tribunal de commerce, mais trop tard le mal était fait) des charges qui devenaient insurmontables , et pour couronner le tout car je n’avais pas le temps de m’occuper de tout, alors j’ai fait confiance, le maçon (en charge de travaux au domaine) m’a complètement escroqué (ce qui n’étonnera pas ceux qui connaissent les gens du cru) pour finir par racheter, pour une bouchée de pain bien entendu, cette propriété à la barre du tribunal. Il s’en est d’ailleurs vanté, plusieurs années après, d’avoir fait une bonne affaire. On ne se refait pas : « escroc d’un jour, escroc toujours ».

Et voilà comment c’est terminé, cette belle aventure, qui reste encore aujourd’hui un excellent souvenir.

Je tourne la page et je passe à autre chose.

Le voisin

   Le voisin,  propriétaire lui aussi d’un ensemble viticole, était le médecin de notre commune, catholique assidu qui fréquentait notre charmante église pour assister à la messe dominicale que nous donnait notre excellent Abbé, Jean Ingle, décédé à ce jour, c’est d’ailleurs lui qui nous maria devant l’autel, en nous permettant de mettre une musique en fond sonore et de filmer la cérémonie C’est donc vous dire si ce prêtre était à la hauteur de ce qu’un paroissien peut attendre des gens d’église, je crois que certains donneurs de leçon d’aujourd’hui devraient en prendre de la graine, cela leur ferait beaucoup de bien, à ces escrocs qui ne sont que des intellectuels à deux balles...

   Il me vient à l’esprit que ce film, monté par un réalisateur connu (invité et ami de mes parents, un teigneux décédé de sa belle mort à plus de 90 ans),  ne nous a en fait, jamais donné ce film…).

   Ce voisin le Docteur Boulla, camarade de classe de mon père, avait cinq enfants, tous aussi imbus de leur personne que leurs parents, dont Françoise qui était de mon âge, m’avait rétorqué un jour que nous jouions ensemble chez eux, car cela avait du mal tourner, « vas t’en, tu es ici sur mes terres », c’était sa réponse face à mes propos, j’apprenais ainsi que « toute vérité n’est pas bonne à dire, mais, que seul la vérité blesse », les petites gens d’esprit n’hésitent pas à s’égarer dans des propos minables et discourtois, quel que soit leur âge. Il y avait aussi Michel, un de ses frères plus jeune de deux ans, avec qui, ils nous arrivaient de nous rencontrer au club de judo (notre professeur Alain Aimet était champion de France militaire…), j’adore l’esprit du judo : profiter de la force de l’adversaire pour le renverser tout en le respectant, sans oublier les saluts de fin de combat.

   Je me rappelle malgré tout bien de ce voisin, qui avait un frère (lui aussi camarade de classe, mais bon copain de mon père), celui ci préférait prendre son vin chez nous, c’est vous dire « la couche que se trimballait le docteur  son frangin ».

Un dépôt

   En 1995 je roulais en Eure et loir, j’allais en Bretagne, c’était un samedi, quand soudain  je traverse un village ou se déroulait le marché (hebdomadaire) et je me dois de constater qu’il y avait un monde pas possible. Comme à mon habitude, à cette époque là, je n’avais pas trop le temps de m’arrêter (pour de tels faits) mais, après réflexion je me promets d’y revenir ; ce que je fis quelques jours plus tard, dans le but d’essayer de trouver une idée (car habiter en région parisienne, cela ne me convenait plus trop, j’étais trop limité dans cette activité ou je commençais à perdre mon temps et mes clients, sans trop pouvoir les renouveler à ma guise, le système prendre des commandes, puis toutes les faire expédier par transporteur depuis mes amis producteurs devenait un mauvais système) comme directement un local, car les loyers ici était certainement moins chers que dans la R.P. que j’apprécie, ou j’étais bien conscient que tout démarrait, tout se décidait (si la France a toujours un métro de retard sur les Etats-Unis, la province a très souvent une rame entière de retard sur la capitale), j’allais donc employer mon stratagème favori, je rentrais chez un commerçant en lançant à la cantonade « Bonjour Messieurs-dames, on m’a dit qu’il y avait un local à louer par ici…, vous pouvez m’indiquer où il se trouve » et là, les quelques clients, la vendeuse et le patron se regarde, interrogatif, et tout le monde y va de son laïus  « bais y a bien la maison à coté mais je crois qu’elle vient d’être loué, ou faut vous adresser à Martine à la mairie elle vous renseignera, etc …), alors je ressorts sans résultat, je rentre alors dans un commerce voisin, ou la dame seul dans sa boutique, après réflexion me dit « oui il y a bien l’ancienne forge, mais je crois qu’il y a déjà la moitié de loué à des infirmières, enfin vous pouvez allé voir », ce que je fais aussitôt, je vais rencontrer la propriétaire des lieux, une dame d’une soixantaine d’années, très sympathique qui me propose aussitôt de visiter la chose, après une brève discussion, nous convenons d’un prix, et je dis que je lui confirme mon approbation par téléphone dans le but de lui soumettre un contrat de location sous seing privé. Puis quelques jours après, je commence à aménager (la famille reste bien entendu à Paris, ou ils ont tout à proximité, l’endroit que j’ai découvert me servant professionnellement uniquement, bien entendu), proposant à la propriétaire d’effectuer des travaux de confort de ce local. Et voilà comment je commence à vivre dans le perche gouet. Au début j’y viens deux samedis par mois, recevant les gens susceptibles d’acheter du bon vin (l’idée qui pointe dans mon esprit, est que les parisiens qui viennent en week end, dans leur résidence secondaire n’ont bien souvent pas de cave, et qu’il ne se déplace pas avec leur vin, représentent donc des clients potentiels ; au début beaucoup de gens (du cru ou autres) sont venus me rencontrer pour me demander des « cubis » ou du vin de tous les jours, mais point de tout ça chez moi, uniquement de la bouteille, expliquant que le vin est un produit sérieux, que seul le viticulteur connait, après maintes dégustations, les périodes pour le mettre en bouteille. D’ailleurs RABELAIS n’a-t-il pas dit « jamais homme noble ne hait le bon vin ».

   Les habitants du coin n’ont jamais très bien compris, comment je fonctionnais, une cave ouverte deux jours par mois, puis tous les samedis maintenant, c’est incompréhensible surtout pour ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, les FMC en particulier.

   Plus de vingt ans ont passés, je suis toujours présent dans ces lieux, le marché hebdomadaire se meurt, malgré tout le voisinage ne m’a toujours pas entièrement accepté, car les gens (d’ici ou d’ailleurs) n’aiment pas les gens qui ne vivent pas comme eux… Je conserve ce dépôt car il est au centre de mes nombreux secteurs de prospection.